Le Centre scientifique IBM de Grenoble

  

  Au cours d’un colloque tenu à l’université de Grenoble en octobre 2002, René Moreau a présenté l’histoire du Centre scientifique d’IBM, qui vécut à Grenoble de 1967 à 1973. R. Moreau a bien voulu nous adresser un texte à ce sujet, qui, après celui que les Cahiers ont publié sur le Centre d’étude et de recherche d’IBM-La Gaude montre un autre aspect de l’activité d’IBM-France à cette époque.

           Le Centre scientifique IBM de Grenoble fut créé en 1967 sur une initiative conjointe du professeur Louis Bolliet et de René Moreau, directeur scientifique d’IBM-France.

              Il fut, en Europe, le premier centre de recherche conjointe entre une université, dans les locaux de laquelle il s’installa, et une compagnie industrielle. Son succès fut tel, dans les années qui suivirent, que plusieurs centres scientifiques, développant des recherches entre universités et sociétés privées, se créèrent en Europe sur son modèle.

              Cet exposé décrit dans quel environnement scientifique et dans quelles conditions eut lieu cette création et quelles difficultés durent notamment être surmontées. C’est au début de 1966, alors que j’avais le plaisir d’un excellent déjeuner avec Louis Bolliet, que l’idée en fut évoquée comme une possibilité d'intensifier la collaboration entre IBM-France et l’Institut de mathématiques appliquées de l'Université de Grenoble, l'IMAG.

 

 
Les raisons d'une collaboration entre l'IMAG et IBM

 

              Des liens amicaux existaient depuis longtemps entre l'IMAG et IBM-France. C'est ainsi que les 5 et 6 mai 1955, à l'occasion de la transformation en IMAG de son Laboratoire de calcul, l'université de Grenoble avait, en collaboration avec IBM-France, organisé des "Journées alpines de calcul scientifique". Les conférenciers de ces journées furent, dans l'ordre de leur première intervention,  le Pr. Kuntzmann, jusqu'alors directeur du Laboratoire de calcul de l'université de Grenoble, André Roudil, chef du Laboratoire de calcul scientifique d'IBM-France, G. Sauvage de Saint Marc, directeur du Laboratoire dauphinois d'hydraulique des établissements Neyrpic, René Rind, attaché à la direction d'IBM-France, François H Raymond, directeur de la SEA, le commandant Kaufman de l'université de Grenoble, Jacques Maisonrouge, chef du département des Etudes et recherches d'IBM-France, M. Mouchez, attaché au Service des prévisions ionosphériques militaires.

              Comme il le rappellera, en 1990, en prenant la parole à Grenoble au cours du TEC 90, Jacques Maisonrouge fut, au cours de ces journées, impressionné par la personnalité de Jean Kuntzman et par ses projets de recherche. C'est la raison pour laquelle, devenu le numéro deux d'IBM mondial, il usera de tout son poids pour vaincre les résistances auxquelles se heurta quelquefois, au milieu des années 1960, à l'intérieur d'IBM-France, le projet de création d'un Centre scientifique à Grenoble..

              Les bonnes relations entre IBM et Grenoble continuèrent à se développer puisque René Rind me transmis son avis sur la "Création d'une spécialité programmation pour le diplôme d'études techniques de l'université de Grenoble".    

              Par ailleurs, IBM avait créé, en 1961, aux Etats-Unis, une Direction du développement scientifique dirigée par Herman Goldstine, un des pères de l'ordinateur. Cette direction comprenait, entre autres, cinq Centres scientifiques chargés de développer des recherches communes avec des universités américaines. En 1964, s'inspirant de cet exemple, IBM-France avait, pour développer ses liaisons avec le monde universitaire et scientifique, créé également, à une échelle évidemment bien plus réduite, un service de Développement scientifique dont elle m'avait confié la charge.

              Au cours du repas cité, Louis Bolliet et moi avons pensé qu'il devrait être possible d'installer en France un Centre de recherche scientifique, dans le cadre duquel collaboreraient l'IMAG et le Développement scientifique d'IBM-France et dont le thème de recherche pourrait être l'utilisation conversationnelle des ordinateurs.

  

L'utilisation conversationnelle des ordinateurs à IBM

              En1963, le MIT avait lancé le célèbre projet MAC d'utilisation conversationnelle des ordinateurs, le fameux Time Sharing,. Le Centre scientifique que IBM,  peu de temps auparavant, avait créé à Cambridge (Massachussetts) pour faciliter ses liaisons avec le MIT, aurait dû tout naturellement participer à MAC. Mais IBM, qui venait de commercialiser une série d'ordinateurs, tous compatibles entre eux, les IBM/360, avait doté le Centre de Cambridge d'un d'entre eux, le 360/40. Or, les spécifications du projet MAC étaient telles que, pour s'y intégrer, il aurait fallu que le Centre se dote d'un ordinateur spécialisé, ce qui aurait été contraire à l'esprit du 360. D'autre part, il était bien plus excitant pour le Centre de Cambridge d'essayer de réaliser lui-même un système qui pourrait lui permettre d'installer le conversationnel sur son 360/40, plutôt que de se voir imposer des contraintes comme celles du projet MAC. Le Centre de Cambridge ne s'intégra donc pas à MAC.

              Mais il est bien évident que IBM, indépendamment de MAC, consacrait alors au Time Sharing une partie importante de ses recherches. C'est ainsi que, entre autres, un groupe de sa Division Research, à Yorktown, développait, sur un IBM 7044 et un 360/40, des techniques qui, pour faciliter le One Level Store (OLS), utilisaient la notion de pages et celle de machines virtuelles. En 1964, un ingénieur de ce groupe, qui s'était intéressé à l'implantation de la relocation dynamique sur IBM 360/40, rejoignit le Centre scientifique de Cambridge. Il participa, sur l'ordinateur du Centre, au développement d'un système de machines virtuelles permettant, entre autres, à chacune de supporter, d'une façon relativement indépendante, un terminal actif. Ce fut l'embryon du CP/CMS (Virtual Machine Control Program / Cambridge Monitor System).  En août 1965, le Centre scientifique de Cambridge, qui venait de recevoir un IBM 360 modèle 67, une version du modèle 65 de la série 360 à laquelle avait été ajouté un dispositif câblé d'adressage de pages, adapta CP/CMS à cette machine et le résultat fut le fameux CP-67/CMS.

              En 1965, à IBM/La Gaude, Norm Rasmussen, directeur du Centre de Cambridge, fit une présentation de ces travaux. J'avoue que c'est en assistant à cette présentation que j'ai découvert la technologie des machines virtuelles, la réalisation, en 1963, par  la SEA de FH. Raymond, de la CAB 1500 à mémoire virtuelle m'ayant jusqu'alors échappé.

 

 

Louis Bolliet, pionnier de l'utilisation conversationnelle des ordinateurs

 

              Mais Louis Bolliet avait, lui, suivi avec attention ces développements et si, sous sa direction, l'IMAG s'était fait connaître pour son excellente compétence dans le domaine de la compilation, notamment de différents Algol, il n'en fut pas moins un des tout premiers à chercher à développer, en France, l'utilisation conversationnelle des ordinateurs. Lorsqu'il eut connaissance des travaux sur l'OLS réalisés avec l'IBM 7044, il intervint pour que l'IMAG possède cette machine puisque, grâce à elle, ses chercheurs pourraient plus facilement explorer l'aide à la programmation offerte notamment par l'utilisation conversationnelle de terminaux graphiques. Plus tard, lorsqu'il connut les possibilités de pagination offertes par l'IBM 360/67, Louis intervint pour que l'IMAG commande un 67, machine qui, une fois installée, eut, entre autres avantages, celui de faciliter les recherches de son groupe sur l'utilisation conversationnelle des ordinateurs et cela sans interrompre les autres travaux de l'IMAG.

 

 

Les problèmes posés à IBM

             Après le déjeuner, Louis et moi nous sommes quittés, bien déterminés à faire, chacun de notre côté, tout ce que nous pourrions pour que se réalise un tel projet. Mais il fallait évidemment surmonter de nombreux obstacles.

              Je pense que Louis a dû livrer de dures batailles pour obtenir que des ingénieurs IBM puissent venir travailler en symbiose avec des universitaires, mais j'ignore le détail des combats dont il est sorti vainqueur.

              De mon côté, je devais surmonter deux types de difficultés. Tout d'abord des difficultés d'ordre juridique. L'une d'entre elles peut sembler surprenante, lorsque l'on ignore ce qu'était la politique commerciale très stricte de IBM dans les années 1960. L'IMAG ayant commandé un ordinateur IBM, il fallait persuader les juristes de la Compagnie que cette vente ne résultait pas d'une promesse quelconque, qui aurait pu être faite pour obtenir ce marché. Une autre difficulté juridique était de décider de l'appartenance des résultats des recherches qui seraient effectuées dans le Centre par du personnel, en partie non membre de IBM. Il semblait clair que ces résultats devaient tomber dans le domaine public et être publiés, mais à qui appartiendrait le logiciel développé pour les obtenir, s'il résultait d’une extension de produits IBM ? La prudence des juristes les conduisait à penser que la solution la plus sûre était de ne pas créer un tel Centre.

              Je suis donc allé trouver Ed Smith et Pierre Arnaud, qui étaient alors responsables des services scientifiques à l'état-major européen de IBM World Trade, organisation dont IBM-France dépendait en partie à l'époque. Ils virent dans ma proposition l'occasion, si cette expérience française réussissait, de créer en Europe un complexe de Centres scientifiques pouvant équilibrer les Centres scientifiques américains. Ils firent le lobbying nécessaire et la Direction générale d'IBM-France me laissa tenter ma chance auprès du grand patron de IBM World Trade, Jacques Maisonrouge. J'allais donc aux Etats Unis pour le rencontrer. Il accueillit ce projet avec enthousiasme. Non seulement il trouvait excellente l'idée de créer en Europe une organisation scientifique comparable à celle des Etats-Unis, mais, de plus, il se réjouissait que l'IMAG ait été choisi comme pionnier pour lancer ce projet. Grâce à lui, tous les obstacles élevés du côté de IBM disparurent.

 

 

Jean-Jacques Duby le premier manager IBM 

              Restait à trouver dans IBM un manager scientifique pour codiriger le Centre avec Louis Bolliet. Or, Jean-Jacques Duby, qui avait  assisté avec moi à la conférence de La Gaude sur la virtualité, s'était passionné pour les travaux de Cambridge et en avait longuement discuté avec Rasmussen. Jean-Jacques, à sa sortie de l'Ecole normale supérieure où il était entré major et après avoir passé l'agrégation de mathématiques, avait suivi un stage à Yorktown, dans le département Recherche de IBM, stage au cours duquel il avait participé brillamment à la réalisation du langage Formac. A la fin de ce stage, il décida de faire carrière dans l'industrie et rejoignit le Développement scientifique d'IBM-France où je lui donnais à diriger le groupe de Recherche opérationnelle, dont les travaux correspondaient plus ou moins à ceux du Centre scientifique IBM de NewYork. Etant donnés les nombreux liens de Jean-Jacques avec le milieu universitaire français et avec celui de la recherche IBM aux Etats-Unis, il était clair que, dans IBM-France, nul ne convenait mieux que lui pour créer un Centre scientifique à Grenoble. L'IMAG contacté donna immédiatement son accord.

              Il fallait encore avoir le support des plus hautes autorités scientifiques de IBM. Pour l'obtenir, je suis allé avec J.-J. Duby aux Etats Unis, présenter notre projet au Dr Pioré, vice président et Chief Scientist d'IBM. Il nous fit rencontrer le Pr Courant, le grand mathématicien, alors conseiller d'IBM, et Hermann Goldstine qui devint par la suite un ami. Notre projet reçut leur soutien total. Nous allâmes évidemment à Cambridge rencontrer Norm Rasmussen qui accueillit très favorablement l'idée de collaborer avec Grenoble et nous proposa, d'une part d'établir, au cours d'une réunion avec Louis Bolliet et Jean-Jacques Duby, le détail d'un programme commun de recherches et, d'autre part de recevoir pendant deux ans, à Cambridge, lorsque le Centre de Grenoble serait créé, deux de ses membres, cela pour que les équipes IBM de Grenoble et de Cambridge se connaissent et se comprennent le mieux possible. 

 

L’installation du Centre de Grenoble et ses premiers travaux

 

              Le Centre scientifique de Grenoble fut donc créé en 1967 et son 360/67, sur lequel avait été implanté le CP/CMS de Cambridge, fut installé avant les événements de 1968, si bien qu'en mai 1968, en inaugurant le Centre, Louis Bolliet put faire, sur le 7044 et sur le 360/67, une démonstration d'utilisation conversationnelle de terminaux graphiques. Je n'ai pas participé à cette inauguration, car IBM-France m'avait envoyé ce jour là aux Etats-Unis pour effectuer une mission sans intérêt, mais parait-il urgente. Un mauvais esprit pourrait penser que l'on me faisait payer le fait d'avoir trop souvent violé la hiérarchie pour obtenir la création du Centre.

              Les premiers travaux du Centre scientifique de Grenoble consistèrent d'une part à poursuivre certaines recherches initialisées par Louis Bolliet sur la compilation et l'interprétation incrémentales de langages de programmation, d'autre part à collaborer aux recherches sur la virtualité développées à Cambridge. Le titre de certains des premiers projets illustre ces orientations : Graphic Aided Programming (GAP), Fast PL/I Syntax Checker, Grenoble Incremental Programming System (GIPS), Automated Compiler Production (ACP), etc.

 

 

Les succès obtenus par Max Peltier

 

              Lorsque Jean-Jacques Duby eut l'honneur d'être, à la fin de 1969, nommé professeur à l'European System Research Institute (ESRI) que IBM avait créé à Genève, il fut remplacé par Max Peltier, un ancien major de Supelec. Les projets développés sous la direction de Max eurent un grand retentissement. Je ne citerai que quelques uns d'entre eux, pour montrer combien ils étaient en avance sur la technologie de l'époque.

              Tout d'abord le projet sur les machines-espions (spy machines), catégorie particulière de machines virtuelles permettant de "surveiller" une autre machine virtuelle, la machine objet, de la dépanner si besoin était, etc., tout le logiciel nécessaire se trouvant sur la machine-espion. Ce projet, dont dérivèrent plus ou moins directement d'autres recherches comme celle sur le Control and Measurement of Paged Timesharing System, fut également utilisé comme outil de développement d'autres projets du Centre. Ce qui avait l'avantage de tester sa validité.

              Je citerai ensuite les recherches du Centre pour fournir, à partir de la technologie des machines virtuelles, un environnement conversationnel de développement des applications. AIDE (Applications Interactive Development Environment) et sa gestion interactive de fichiers, par généralisation du concept d'espace virtuel d'adressage, qui fut le projet central dans ce domaine.

              Enfin, dans la tradition de l'université de Grenoble et des travaux de Louis Bolliet, le Centre s'intéressa aux langages de programmation. Parmi ses projets de pointe, je citerai ceux sur les langages extensibles, consistant à établir un mécanisme de définition formelle à partir duquel il devient possible de définir un langage particulier. Je citerai encore le GSL (Grenoble System Langage) conçu, indépendamment des systèmes d'exploitation, pour aider à écrire du logiciel pouvant être aussi complexe que celui d'un compilateur.

              Une originalité du Centre fut, à cette époque en France, de faire développer ses projets par des équipes mixtes, comprenant du personnel de l'université, du personnel IBM et, souvent, du personnel détaché au Centre par des organismes intéressés par ses travaux. Ce sera par exemple, dès le départ, le cas du CNES qui  fit participer l'un de ses ingénieurs au projet GAP ou ce sera, plus tard, le cas de nombreux organismes universitaires qui détachèrent au Centre des stagiaires pour y travailler sur une thèse de doctorat, souvent d'Etat. Au moins deux à trois de ces thèses furent soutenues chaque année, si mes souvenirs sont exacts. Tous les résultats des recherches du Centre furent d'ailleurs publiés dans la littérature spécialisée et il ne fut guère de grands congrès internationaux d'informatique où le Centre scientifique de Grenoble n'eut une communication acceptée et présentée.

              Mais l'ancien d'IBM que je suis considère comme l'un des plus beaux succès de ce Centre le fait que, pour la première fois, IBM fit un produit de CP/CMS, résultat du travail d'un petit groupe qui lui était quelque peu exogène, cela en délaissant TSS (Time Sharing System) qui était, lui, le fruit d'une importante collaboration entre ses divisions spécialisées, la Division Research, l'Advanced Systems Development Division (ASDD) et la Data System Division (DSD).

 

La fin du Centre


              Au début des années 1970, l'existence des Centres scientifiques IBM américains fut remise en question. C'est ainsi que l'unbundling, décision prise par IBM, en 1970, de ne  vendre que du matériel et du logiciel et de ne plus fournir les services nécessaires pour faire fonctionner l'installation d'un client en l'adaptant à ses problèmes, entraîna, dès 1971, la suppression du Centre scientifique de NewYork orienté vers la recherche opérationnelle. Les Centres scientifiques de Grenoble et Cambridge, dont le succès de CP/CMS avait été mal accueilli par l'ASDD qui voyait en eux un concurrent, se trouvèrent alors très menacés. Or, cerise sur le gâteau, en 1970, la CII avait créé à Grenoble, à côté du Centre scientifique IBM et dans les locaux de l'université, un Centre scientifique CII dont le thème des travaux, tel qu'il fut publié dans la presse, correspondait presque point pour point à celui du Centre IBM. Il était donc normal que la direction d'IBM-France se pose le problème de savoir jusqu'à quel point ses ingénieurs, dont elle avait tant besoin, ne travaillaient pas, à Grenoble, pour un concurrent. De plus, dans l'environnement de l'époque, supprimer un Centre scientifique IBM n'avait rien d'exceptionnel tout en étant une belle occasion de récupérer des effectifs, aussi le Centre IBM de Grenoble fut-il fermé en 1973, la même année où fut prise aux Etats-Unis la décision de fermer le Centre de Cambridge.

 

 

Conclusion   

 
              La brillante réputation, nationale et internationale, du Centre de Grenoble avait été telle que, sous l'influence de Jacques Maisonrouge, IBM World Trade avait créé six autres centres scientifiques dans le monde, quatre en Europe, un au Brésil et un au Japon. Ces centres survécurent au séisme de 1973. Chacun avait choisi des domaines de recherche correspondant à différents besoins locaux et avait développé ces domaines avec, pour chacun, un partenaire particulier, universitaire ou non, différent d'un domaine à l'autre. Quelques années plus tard, un centre scientifique fut créé à Paris, dont les domaines de recherche furent aussi variés que la reconnaissance de la parole, les réseaux d'ordinateurs, l'imagerie 3D, l'analyse de données, etc. Mais Grenoble resta toujours dans le monde de l'informatique l'exemple-type de l'excellence des recherches que peut produire une collaboration étroite entre l'université et l'industrie.

              Sans les professeurs Jean Kuntzman et Louis Bolliet, le Cente scientifique IBM / Université de Grenoble, ce laboratoire mixte université-industrie, n'aurait pu être créé en France. Sans leur soutien constant et inébranlable, il n'aurait pu se développer malgré tous les obstacles qu'il leur fallut franchir. Sans leur vision du futur de l'informatique, ce Centre n'aurait pu adopter les axes de recherche qui assurèrent son succès mondial. Je voudrais donc terminer cette présentation en  rendant un hommage tout particulier à Jean Kuntzman qui n'est plus, mais aussi à Louis Bolliet, que j’assure de toute mon admiration et remercie pour m'avoir un jour invité à déjeuner.  

 

René Moreau