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ENTRETIEN Entretien
de Jacques Boulin,
ancien président de la SAT avec Michel Atten et François du Castel J. Boulin : Je suis entré à l’X dans la promo 42B, et on nous a envoyé dans les chantiers de jeunesse de Vichy avant de rentrer à l’Ecole. Pendant une année, on nous a sorti de notre milieu citadin pour nous mettre en milieu paysan. Pour moi, je me suis retrouvé au Chatelard, dans les Alpes. Théoriquement, on nous faisait couper du bois, mais avec un rendement faible. En principe, les chantiers remplaçaient le service militaire. Durant les premiers mois, on était dans un cafard terrible, il faisait un froid de canard et on crevait de faim.. Il en résultait parfois des comportements tout à fait critiquables. J’étais parisien, mais ma famille était partie juste avant l’arrivée des allemands en 1940 et je m’étais retrouvé à Montpellier, où des amis nous ont logés pendant quelques semaines. En automne 1943, je regagne l’X. J’étais né en 1923, mais ceux de la classe 42 sont allées au STO en Allemagne. Ainsi les promotions 42 et 43 étaient divisées en trois catégories. La rue Descartes sous l’occupation était en fait assez peu consciente des réalités de l’extérieur. Je faisais partie de la Kommis, une organisations clandestine de la promo, où je m’occupais des clés avec l’idée qu’on puisse se sauver si les allemands arrivaient. On a ainsi exploré les égouts et des trucs comme ça. Mais pour le reste, on vivait surtout en internat entre nous. En 1944, après la Libération, une moitié de la promo est engagée comme 2ème classe dans la 1ère Armée française, pendant que l’autre est envoyée en école d’officier à Cherchell en Algérie. Je fais partie de la première et j’ai rejoint le 64ème RA, un régiment d’africains, au Val d’Ahan. On a fait un mois de guerre en tirant des obus en l’air, avant d’entrer en Allemagne, où on a eu un certains nombres d’accrochages, notamment à Donauschingen. Et puis la fin de la guerre est arrivée le 8 mai 1945
La Direction des
Services Radioélectriques
C’est alors le retour à l’X , d’où je sors dans les télécoms et je suis donc à l’ENST de1946 à 1948. L’Ecole ne me déplaisait pas, j’avais choisi les PTT parce que je bricolais dans la radio, et je me suis trouvé dans des domaines que je connaissais un peu et que je trouvais attirants. A la sortie, j’avais demandé le CNET, mais mon classement ne me permettait plus de l’avoir et j’ai pris la DSR parce que c’était de la radio. FC : N’y avait-il pas des tensions alors entre la DSR et le CNET ? JB : Quand je suis arrivé à la DSR, je me suis trouvé avec Bramel de Cléjoux qui était un gentilhomme aux rapports agréables et très fin, qui s’occupait des affaires internationales, au moment où se tenaient des conférences importantes, comme Atlantic City. Peu après mon arrivée, il a eu la charge des centres récepteurs et j’ai eu la responsabilité du centre de Noiseau. C’était un endroit où l’on pouvait faire quelque chose avec l’électronique. Les centres émetteurs sont des grosses boîtes, où il ne faut pas mettre les doigts, mais les liaisons sur ondes courtes, c’était quelque chose de particulier. La DSR s’occupait des liaisons hors France, avec la Martinique, la Guadeloupe, etc., et avec toutes les liaisons étrangères. On avait ainsi des contacts internationaux tout à fait originaux par rapport aux PTT en général. Je crois que s’il y a eu des tensions à cette époque, c’est parce que Marzin a voulu mettre la main sur la radio, sous prétexte que tout ce qui était technique devait se retrouver au CNET. Mais Lhermitte qui dirigeait la DSR s’est bien défendu. Il faut dire que les télécommunications sur ondes courtes évoluait beaucoup alors. Si on compare les matériels quand je suis arrivé et quand je suis parti, ça n’a rien à voir, et il n’y avait pas encore le transistor. Noiseau était un champ de 27 antennes en losanges ou 28, avec toutes les directions des correspondants. En plus on recevait en diversité, c’est-à-dire que ça faisait deux losanges pour chaque direction. Du coté des émetteurs, il y avait Pontoise et Sainte-Assise Au sein de la DSR, je faisais ce que je voulais et j’ai réalisé des tas de choses que personne n’avait encore faites à la DSR : j’ai construit les récepteurs et on m’appelait dès qu’il y avait quelque chose qui ne marchait pas. Les autres ingénieurs ignoraient la technique dont ils n’avaient qu’une approche livresque. On achetait beaucoup de matériel, plus qu’à l’émission et plus souvent, et on devait faire tous les cahiers des charges, ce qui nous mettait en position de comprendre la technique bien davantage qu’en d’autres positions. Ce n’était pas de la technique scientifique que je faisais, mais j’ai fabriqué ou fais fabriquer par les gars une bonne partie du matériel.dans tes ateliers de Noiseau. C’était un centre d’exploitation et il n’y avait pas une dimension recherche théoriquement, mais en fait on a réalisé des matériels nouveaux. La mise en service de ces matériels était revue par le service du contrôle technique qui dépendait du CNET, avec un ingénieur très compétent dont le nom m’échappe. MA : En fait la DSR était elle-même quelque chose d’original dans les PTT, parce qu’elle ne s’occupait pas de la métropole et parce que en général les gens des télécoms avaient une culture du câble pas de la radio. JB : On n’avait rien contre les gens des LGD, les liaisons sous-terraines, mais on les regardait quand même un peu de haut, parce que c’étaient des gens qui surveillaient ce que d’autres faisaient. Dans les régions, on ne connaissait rien du tout au câble, on surveillait les autocoms, et c’est à peu près tout,. Ou bien tu avais des liaisons proches avec des câbles à paires qui ne fatiguaient personne, sauf pour faire les raccordements, ou bien tu avais des liaisons à grandes distances qui appartenaient à un autre service. Donc les gens des régions étaient des techniciens qui entretenaient des matériels, mais des matériels électro-mécaniques. Ce qui n’avait rien à voir avec ce qu’on faisait à la DSR. FC : Quelles étaient vos relations avec les LGD ou avec le service sous-marin ? JB : Les LGD ne s’occupaient que de la métropole et le service sous-marin était indépendant. Pour la DSR, on faisait aussi quelques ondes longues, à Sainte-Assise des ondes kilométriques, et le service radio maritime, qui animait toutes les petites stations. FC : Et pour la prévision ionosphérique, que faisait la DSR ? JB : La prévision dépendait du LNR, avec le père Lejay, et des militaires, avec le BIF du commandant Halley, puis du CNET .avec un comité interministériel., le CCTI. Mais les rapports de Marzin avec le jésuite Lejay étaient mauvaises. FC : Et tu restes pendant combien de temps à la DSR ? JB : J’y suis restée 8 ans, mais après mon mariage c’est devenu de plus en plus insupportable, tellement on était mal payé. Au CNET, les ingénieurs avaient des primes, pas à la DSR ! Le système Marzin reposait sur une entente avec les constructeurs. On faisait des appels d’offre dans lequel il était convenu à l’avance qu’il y aurait 25% à untel, 28% à untel, etc.. Mais, il faut reconnaître qu’avec un système aussi largement ouvert qu’on le fait maintenant, il y aurait jamais eu d’industrie française. Or c’est quelque choses que la DSR n’aimait pas, parce qu’on achetait un peu à qui on voulait. Si on voulait acheter aux américains, on achetait aux américains, mais on savait bien que si on avait fait que ça, on aurait eu des réactions. On achetait donc à des constructeurs qu’on choisissait nous-même, mais pas du tout avec un système du genre SOTELEC. J’ai compris plus tard que si Marzin n’avait pas inventé ce système, compte tenu du marché ridicule de production qu’on avait, il n’y aurait rien eu comme industrie française. MA : Ni Alcatel, ni Sagem, les Américains tenaient plus de 70% du marché, aussi bien en commutation qu’en transmission. JB : Vous dites les Américains parce que vous pensez à la CGCT, mais c’est une filiale française quand même. Pour éviter qu’ils aient 100%, le système Marzin introduisait des coefficients d’études sur les prix. FC : Mais il y a eu la commission de contrôle des prix, quand Marzin a commencé à se faire critiquer. JB : Il y avait des gens qui ne comprenait pas la logique du système, mais il n’est pas facile de vérifier. Aussi le contrôle des prix a été, me semble-t-il, assez peu efficace, comme ce fut d’ailleurs le cas chez les militaires. Dans les deux cas, il s’agissait de permettre à une industrie française d’exister. Cependant à la DSR, le problème était différent parce qu’il n’y avait pas de système de type Marzin, on achetait à Thomson et à CSF. Les constructeurs des laboratoires qui cherchaient à s’introduire dans tel ou tel marché faisaient des propositions, on réalisait des appels d’offre et on recevait des propositions, certaines étaient mauvaises, d’autres étaient meilleures. Le matériel français venait de la SFR, avant qu’elle ne soit avalée par la CSF. Le grand dirigeant de l’époque était le normalien Pons. Mais après la fusion CSF-SFR, l’ensemble fusionne avec Thomson. Il y avait aussi LMT et les laboratoires LCT de l’avenue de Breteuil, pendant que la CGCT faisait surtout de la,commutation. Les PTT adoptaient le plus souvent ces systèmes américains. Le systèmes français R6 a correspondu à la tentative de la politique Marzin de créer un concurrent à ces groupes de l’ITT, en s’appuyant sur la CIT. MA : Il y a eu aussi le L43 du CNET qui va d’ailleurs cramer. Mais le R6 s’est développé avant la seconde guerre mondiale. JB : Les systèmes anciens étaient des systèmes à balayeurs, le Strowger, puis le Rotary, ils ont été balayé par des systèmes à multi-relais qui n’avaient plus de mouvements rotatif, comme le crossbar des années 1950. La Société
anonyme des télécommunications FC : On en revient à 1956, date où tu quittes les PTT. JB : Quand j’ai décidé de partir, je cherchais où aller et j’ai vu un certain nombre de gens, notamment TRT qui démarrait comme distincte de Philips et faisait de l’électronique. Je suis allé les voir sur les conseils du directeur des études de l’ENST, Rigal. Ils m’ont demandé combien je voulais, ce qui leur a paru élevé. Et puis mon camarade Plantier, ancien des LGD, vient me voir, envoyé par Lebedinski, directeur général adjoint de la SAT. La SAT à l’époque faisait surtout des câbles pour les PTT, les câbles à ballonnets étaient leur spécialité. Il y avait pas mal d’X et d’anciens militaires qui étaient assez bien payés. Je suis allé voir Lebedinski et il m’a proposé 10% de plus que ce que je voulais, alors je suis entré à la SAT. FC : Pourquoi la SAT payait-elle mieux que TRT, alors qu’à l’époque TRT avait une politique de croissance? JB : En fait, quand j’ai rencontré le gars de TRT qui m’avait proposé et que j’avais refusé, il m’a dit « mais il fallait me le dire, je vous aurais bien pris » ! Donc, à la SAT, je commence par m’occuper de l’établissement Turck, qui était une petite boite fondé par un nommé Turck, un bricoleur radio qui n’avait vraiment pas de notions sérieuses, mais avait fait des choses pendant la guerre en télémesures ou autres pour des militaires du STIA. Il avait vaguement commencé de petites choses en infra-rouge mais il s’était mis en faillite assez rapidement et la SAT l’avait repris, avec Turck d’ailleurs. FC : Je remarque que la SAT respectait les conditions de pantouflage , en ne te mettant pas sur les sujets d’où tu venais et en te faisait travailler pour les militaires, pas pour les PTT.. JB : Je suis allé dans ce truc là et puis l’année suivante Lébedinski a eu une attaque cérébrale qui l’a laissé à moitié paralysé. C’était un homme d’origine russe, qui parlait français comme une vache espagnole et avait travaillé avec le CNET, pendant la guerre , pour des problèmes de résistance, en développant des dispositifs d’écoute sur les communications par câbles. MA : C’était l’affaire Keller. JB : Oui, mais il n’y a pas eu que Keller, il y a eu aussi un .service de l’armée de terre qui était situé au pont de Saint Cloud, dont le général était en relation avec Marzin. A ce moment là, je ne travaille pas du tout dans la radio militaire, mais sur la télémesure pour les avions, avec les débuts de l’infra-rouge. L’établissement Turck, puis la SAT ont été les principaux constructeurs de télémesures dans tous les équipements d’avions de l’époque jusqu’en 1960 et quelques. Plus tard, nous avons commencé à faire de l’infra-rouge très sérieusement pour la plupart des engins guidés, comme les 530, engins sol-sol de l’aviation. Pendant ce temps , les câbles de réseaux se développaient moins que le reste et Parcé, le directeur général, m’a demandé au début des années 1970 de reprendre la câblerie d’Orion qui coûtait trop cher, alors qu’on faisait beaucoup de bénéfice avant avec les câbles à grande distance, où la SAT faisait toutes les études techniques et produisait les machines et Orion exécutait les câbles. Parcé se trouvait avoir fait la guerre très souvent auprès de mon père qui était à la division marocaine. C’était un expert en machines Pascal. Au début des années 1970, le gouvernement a fait une grande campagne pour que les anciens dirigeants laissent la place à de plus jeunes et plus actifs, mais pas forcément plus intelligents. Dans le groupe SAT, on a appliqué la loi qui incitait les conseils d’administration à prendre la décision.de fixer la limite d’âge à 65 ans pour le président et le directeur général. Après Mome, le président de la SAGE.M qui était décédé vers 1970 , Labarre, son gendre était devenu président A la SAT, le président était Gellos et Parcé directeur général. Ils ont tous été atteint par la limite d’âge et c’est comme ça que je suis devenu président, un poste où je vais rester 16 ans. Comme président, j’ai connu quelques crises plus ou moins agréables. Pendant un premier temps ça a bien été, parce que j’avais un marché important aux PTT. Nos confrères de la CIT se moquaient de nous, parce qu’on s’amusait avec les infra-rouges. N’empêche que lorsqu’il n’y a plus eu de marché PTT, notre chiffre d’affaires principal a été l’infra-rouge et la télémesure, avec des programmes militaires importants. Les spécialités que nous avions développé pendant 10-20 ans et qui ne nous rapportaient rien à l’époque, sinon des marchés d’études et des marchés pas très importants, on en a fabriqué des milliers et on en a vendu des millions à l’exportation, même si le marché militaire avait des hauts et des bas. FC : Dans les années 1980, il y eu des changements de structure importants dans votre groupe, non ?
JB : Oui, notre groupe était fermé entre
trois sociétés qui se possédaient mutuellement. Quand il y a eu des
difficultés à la Cie des Signaux, les cadres de la SAT, de la SAGEM et
de la Cie des signaux ont rassemblé assez d’argent pour acheter une
participation de la SAGEM et devenir l’actionnaire principal. Après
ça, on a vendu le reste de la SAGEM et ça c’est terminé
successivement par la SAT absorbant la SELEC et la SAGEM absorbant la
SAT, de sorte qu’il n’y a plus eu qu’une seule société, la
SAGEM. Le rachat de la société par son personnel a nécessité la création
d’une autre société COFISOL qui a permis de racheter une
participation dans la SAGEM avant de fusionner avec celle-ci.
COFISEM n’avait pas le droit de verser de dividendes, tant
qu’elle avait des
emprunts. Mais c’était avantageux parce que les charges étaient très
réduites. Si les gens qui avaient des actions n’ont pas reçu un sou
pendant très longtemps, au final l’argent qu’ils ont versé a été
finalement multiplié par 10 au moins. Les actionnaires étaient, je le
rappelle, le personnel des sociétés D’autre part on a fondé SAGEM Club avec un certain nombre d’industriels comme FRAMATOME. En fait, tout a toujours été fait pour éviter une financiérisation du groupe.. C’était vraiment une culture partagée dans les trois entreprises. Pierre Faure a contribué à cette politique jusqu’à sa mort, après avoir succédé à Labarre. Je le connaissais très bien et on avait de très bons rapports parce que j’avais toujours été loyal avec lui. Il ne m’a jamais rien imposé et je considérais qu’il avait la responsabilité de l’ensemble du groupe. La plupart du temps, j’étais d’accord avec ce qu’il souhaitait faire. Son successeur ne fut pas un financier, mais un ingénieur des Mines, Olivier. Mais, pour ma part, je quitte la SAT en 1988, ayant atteint 65 ans. Après mon départ, je sais qu’il y a eu des problèmes d’unification, parce que l’esprit SAT et l’esprit SAGEM n’étaient pas identiques. Les gens de la SAT par périodes n’aimant pas beaucoup ceux de la SAGEM. Je crois que c’était dû à ce que la SAGEM était passée de la mécanique à l’électronique et devenait donc en quelque sorte un concurrent. La SAT à l’époque était le plus gros fournisseur de modems en Europe. Quand je suis parti, je suis resté administrateur. Des dirigeants de nos sociétés faisaient alors partie des conseils d’administration. Maintenant la situation a changé et d’autres industriels interviennent. Je reviens à l’époque de transition, quand la charge du rattrapage téléphonique a commencé a baisser. Heureusement que nous travaillions aussi pour les militaires, ce qui a permis d’assurer une continuité de travail. A cette époque le DGT m’avait demandé de présider un groupe de réflexion sur les marchés futurs des télécoms et je dois dire que nous n’avons pas prévu la montée des mobiles en ces années 1980. Mais la prévision n’avait pas été meilleure en matière de transmission de données. Ainsi l’AT&T avait prévu une montée rapide, alors qu’elle fut lente, parce qu’ils avaient oublié que, pour avoir des données à transmettre, il fallait avoir des ordinateurs et il a fallu trente ans pour que les gens s’équipent et savent s’en servir. Cela ne nous a cependant pas incité à devenir une société d’informatique, ni à la SAT, ni dans les autres sociétés du groupe. On a fait ce dont nous avions besoin, sans sous-traiter ces activités. Au début des années 1980, le groupe comprenait 20 000 personnes, avec une proportion de cadres très importante. Comment s’est développé cette culture de cadres ? Parce que la production du matériel et des câbles à la SAT était d’assez bas niveau, et on sous-traitait à la SAGEM une bonne partie de cette fabrication. Quand on s’est lancé dans les engins et l’électronique militaire, il y a eu de la technique du plus haut niveau, avec des composants intégrés sur des matières hétérogènes et peu connues, ce qui demandait aussi des techniciens et des ingénieurs en grand nombre. Pourtant beaucoup disaient que nous étions trop petits. Mais c’était aussi la politique de Pierre Faure, qui a toujours cherché des domaines paradoxaux parce que ceux qu’on connaissait pouvaient donner des craintes au point de vue du développement ou de la stabilité. Cela a commencé avec les études d’infra rouge et a continué avec la commutation électronique, parce qu’on était las de faire des amplis entre les commutateurs. P. Faure a toujours cherché à faire des diversifications et à entrer dans des marchés qui n’étaient pas les siens. Il a en général bien réussi parce que la façon de travailler de la SAT et de la SAGEM n’étaient pas les mêmes ; la SAGEM était beaucoup plus gendarmée et ne pouvait rien faire sans que le patron soit d’accord ; à la SAT les gens en faisaient un peu plus à leur tête et se sentaient responsables. C’est un peu ma nature de diriger comme ça FC : C’est sans doute lié au côté bricoleur que tu as toujours eu et à ton sens de la technique. Maintenant ce sont des financiers qui sont au pouivoir et ils n’ont pas l’esprit technique. Mais il est intéressant que cela ait marché contrairement à toutes les lois libérales. JB : C’est une époque où les finances avaient relativement moins d’importance parce qu’on ne fonctionnait pas sur un gros rendement. A la mort de Pierre Faure, tout le monde disait que cette politique n’était pas raisonnable, trop de technique et pas assez de finances. Mais la SAT a été l’exemple d’une petite société à forte composante technique. Ici s’arrête
l’enregistrement de cet entretien. |