La longue marche de l'image numérique

   

            Sous ce titre, l’AHTI a organisé, en mars 2005, deux réunions , l’une portant sur l’image audiovisuelle et l’autre sur l’image interactive.

             La réunion sur l’image audiovisuelle a réuni des ingénieurs de TDF et de Thomson, sous la présidence de l’historien Michel Atten.

            Le premier orateur, Yves Guinet, a montré la complexité d’un processus qui a duré trente années, depuis le premier convertisseur numérique réalisé en 1974. Le rapport Nora-Minc de 1978 se faisait des illusion en annonçant une proche osmose entre téléphonie numérique et télévision numérique. En fait la première annonce de télévision numérique date de  1995 et est due à l’ITT.

            Ensuite, Jacques Sabatier a rappelé les recherches menées sur ce sujet dans la période 1973-1982. En 1977, on envisageait un débit nécessaire de 52 Mbit/s et c’est seulement au début des années 1980 qu’on est passé à 34 Mbit/s et qu’un premier studio numérique a été inauguré à Rennes.

            Robert Boyer pour sa part a résumé les étude de développement industriel qui avaient été menées au Laboratoire d’études et recherches de Thomson. La première démonstration d’un système moderne, le 2+1+1, a été faite à Montreux en 1979 et une régie numérique a été réalisé pour la SFP en 1987.

            Enfin Jacques Poncin a couvert une plus longue période en rappelant les étapes de la normalisation de la télévision numérique. La révolution des années 1990 s’est traduite dans les normes de production avant celles de diffusion. Mais c’est l’arrivée de la norme MPEG à la FCC qui a constitué un apport décisif et permis le démarrage de services numériques en 1995-96.

            La discussion a notamment montré que le monde audiovisuel était peu pressé de faire appel au numérique, tant que ne s’est pas révélé la possibilité d’en tirer des effets spéciaux en production ! Elle a marqué aussi le rôle du CCETT dans la progression du numérique.

             Pour l’image interactive, les études sur la visiophonie ont été beaucoup plus motivées, au cours d’une séance présidée par l’historien Léonard Laborie

            Helga Séguin a ouvert la séance en rappelant que le premier visiophone, analogique bien sûr, fut réalisé au CNET dans les années 1960. En 1973, on expérimente une liaison à 2 Mbit/s sur « l’autoroute de l’Ouest ». C’est à cette époque que se constitue un groupe de travail européen dépendant de l’organisme de coopération en recherche, le COST, et chargé de réfléchir à la normalisation de la visiophonie. Dès 1983, le groupe se fixe l’objectif de 64 kbit/s qui conduit à définir la norme MPEG.

            Jean-Pierre Témime raconte ensuite les réalisation conduites au CNET dans les années 1980 qui ont permis de passer de visioconférence à 2 Mbit/s au visiophone à 64 kbit/s. Il insiste surtout sur le succès commercial de la visioconférence qui est passé progressivement d’une salle spécialisée à un simple meuble mobile.

            Enfin Jacques Guichard fait le point de l’explosion des images numériques après le succès des normes MPEG. Dans un exposé très technique, il décrit dans son évolution  la complexité du traitement qui permet d’obtenir des images numériques jusque sur des téléphones portables.

            Dans la discussion, ont été quelque peu opposés cette complexité technique et la réalité commerciale qui n’a connue de succès qu’en matière de visioconférence. Le rêve du poste de travail incluant la visiophonie ne s’est pas réalisé, c’est par d’autres chemins qu’elle renaît aujourd’hui.

 F. du Castel

 

numerisation_images.jpg (48922 octets)

Helga Seguin

Léonard Laborie

Jean-Pierre Temine

Jacques Guichard