Jean Carteron.

 
 Jean Carteron nous a quittés le 22 juillet dernier.

 Né en 1926 Jean Carteron a toujours été attiré par "la compréhension et la réalisation d'objets mécaniques" et veut être ingénieur. Il entre à l'X en 1945 et en sort avec un rang lui permettant de choisir des écoles plus recherchées à l'époque, mais son attirance pour les techniques modernes de l'électronique lui fait choisir l'ENS des Télécommunications. Sorti major il dirige en 1950 le bureau de calcul  des filtres téléphoniques des PTT.

 Il  entre chez EDF en 1953 avec  mission de développer le calcul électronique, ce qui le conduit à  effectuer en 1954 un stage chez Maurice Wilkes à Cambridge. En  quelques années, il constitue l'un des plus grands centres de calcul  scientifique d'Europe, tout en enseignant à Supélec et à l'Université. 
 Il participe en 1957 à la création de la société savante des  informaticiens français (AFCAL, devenue plus tard l'AFCET), puis de l'IFIP, la fédération internationale des associations de ce secteur,  où il exerça longtemps des responsabilités.
 Il quitte le secteur public en 1963 pour prendre la direction d'une  filiale du groupe SEMA. Simultanément il contribuait à définir une  politique de modernisation de l'industrie informatique française, dans  les commissions de la DGRST et du Commissariat au Plan.

Ces diverses expériences l'amènent à penser qu'une société doit être financièrement indépendante pour pouvoir se développer en respectant ses principes et son éthique.
C'est ce qui l'amène avec quelques amis à fonder la  STERIA, dont les salariés contrôlent le capital. Il en fera l'une des grandes SSII  européennes.

Il a raconté cette aventure dans un excellent ouvrage (qu'il a rédigé lui-même) :
 "Steria:  30 Ans de Création Continue" (Le Cherche-Midi, 1999), un témoignage de grande valeur sur l'histoire de l'informatique en France.

 L'heure de la retraite venue, il ne risque pas inactif et s'implique fortement dans le tissu associatif, localement dans sa ville de Bougival et professionnellement. C'est ainsi que, soucieux de rapprocher les cultures de l'informatique et des télécommunications, et d'en pérenniser l' histoire, il fonde l'AHTI qu'il présidera pendant 5 ans.

 Nous garderons de lui le souvenir d'un parfait "honnête homme", ingénieur, entrepreneur, cultivé, humaniste.